Le fr. Jean-Marie Gueullette, professeur de théologie morale à l'Université catholique de Lyon, où il dirige le Centre Interdisciplinaire d'éthique. Il est assigné au couvent Sainte-Marie de la Tourette.
Le vénérable serviteur de Dieu Jean-Joseph - dans le siècle Alcide Vital - LATASTE, est né le 5 septembre 1837 dans la petite ville de Cadillac, dans le diocèse de Bordeaux (France).
Ayant envisagé très jeune une vocation sacerdotale, il a fait ses études au petit séminaire de Bordeaux puis au collège catholique de Pons. L’adolescence ayant entrainé l’abandon de cette vocation, il a commencé une carrière de fonctionnaire dans l’administration des impôts, qui l’a amené à travailler dans diverses villes du sud de la France, où il a été un membre très actif des Conférences de Saint-Vincent-de-Paul, fondées par le Bx Frédéric Ozanam. Cette forme de vie fraternelle entre chrétiens et avec des pauvres, enracinée dans la prière et l’adoration eucharistique l’a définitivement marqué. C’est dans ce contexte qu’il est revenu à sa première vocation et qu’il a pris la décision de donner sa vie à Dieu, en entrant dans l’Ordre des Prêcheurs, récemment rétabli en France par le P. Lacordaire, pour qui il avait une profonde admiration.
Il est entré au noviciat en 1857 à Flavigny-sur-Ozerain et a fait profession au couvent de Toulouse le 10 mai 1859. Sa formation dominicaine a été marquée par la maladie, qui l’a retenu souvent à l’infirmerie. Parce qu’il était malade, il a été autorisé à vénérer les reliques de sainte Marie-Madeleine à Saint-Maximin, lors d’une cérémonie de translation : ce fut une expérience spirituelle décisive : « les plus grands pécheurs dira-t-il en méditant ce jour, ont en eux ce qui fait les plus grands saints. Il a été ordonné prêtre le 8 février 1863 à Marseille.
En 1864, il a été envoyer prêcher une retraite à des femmes condamnées aux travaux forcés, à la prison de Cadillac, sa ville natale. Il les abordées comme un frère, les appelant à donner leur vie à Dieu dans le cadre de la vie pénitentiaire, à la façon dont des religieuses pouvaient le faire dans un monastère. Il a été stupéfait de la qualité de vie spirituelle des femmes qu’il entendait en confession et a entendu de leur part un réel désir de se donner à Dieu. Cela l’a amené à formuler un projet unique dans l’histoire de l’Église : accueillir dans une communauté religieuse contemplative les femmes qui, en sortant de prison, aurait une réelle vocation. Dans la maturation de ce projet, il en est venu à lui donner une autre dimension, celle d’un signe placé dans la société pour récuser l’idée qu’une femme sortant de prison était définitivement indigne de confiance. La fondation de la « Maison de Béthanie », le 14 août 1866, à Frasnes-le-château, dans le diocèse de Besançon, est présentée par le P. Lataste à l’opinion publique française, et aux hommes politiques, comme la preuve que, par la grâce de Dieu, des transformations profondes sont possibles en tout être humain, quelles que soient ses fautes et ses erreurs.
Parallèlement à son dévouement de fondateur, le P. Lataste a poursuivi son activité de prédicateur ; il a exercé la charge de père-maître des frères étudiants au couvent de Flavigny. A plusieurs reprises il a eu la possibilité de visiter des prisons, avouant qu’il aimerait qu’un tel ministère devienne l’essentiel de sa vie apostolique « Je serais bienheureux de recevoir quelque jour le rôle et le ministère d’apôtre des prisons, prisons d’hommes et prisons de femmes. » Malgré les fortes réticences que l’originalité de la fondation des sœurs de Béthanie suscite, y compris dans l’Ordre dominicain, le serviteur de Dieu s’est dépensé sans compter au service de ses sœurs, dans une obéissance parfois héroïque et aux dépends de sa propre réputation. La tuberculose pulmonaire a mis prématurément un terme à cet engagement exceptionnel au service de la charité, le P. Lataste est mort en odeur de sainteté le 10 mars 1869, entouré de la communauté des sœurs de Béthanie qui commençait à recevoir les premières détenues voulant entrer dans la vie religieuse.
Avec le fr. J.J. Lataste, prendre le temps...
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