Sacristain de mon couvent, j’essaie d’être attentif à l’accueil de nos fidèles, persuadé que l’accueil est fondamental, premier à la vérité, dans l’ordre chronologique, dans la célébration du mystère de Dieu. J’ai pensé qu’il pouvait y avoir parmi notre assemblée des personnes qui seraient là, à la messe, pour la première fois. D’où l’idée de cette petite fiche « Pour toi qui viens pour la première fois (ou presque) à la messe », en imaginant bien qu’une première approche, de but en blanc, de la messe n’est pas forcément évidente. Pour toi, donc, cette introduction qui évite tout terme trop codé, en espérant qu’elle pourra t’être utile.
La messe est un dialogue continu entre Dieu et nous. Le prêtre a un rôle charnière présentant des choses tantôt venant de Dieu tantôt venant de l’assemblée. Donc attends-toi à entendre une sorte de conversation. Si tu ne connais pas les réponses adaptées, pas de problème. Regarde, écoute simplement ce qui se passe.
La première partie de la messe est précisément un dialogue entre Dieu est nous qui culmine dans la Parole de Dieu. Pour la messe le dimanche, il y a 4 textes de la Bible :
■ la 1ère lecture : souvent de l’Ancien Testament, cette première partie de la Bible que nous partageons avec le peuple juif.
■ le psaume : également de ce « Premier Testament ». Les psaumes sont la prière du peuple juif ; le Christ les connaissait par cœur. Ce psaume est pensé comme la réponse (chantée) de l’assemblée à l’écoute qu’elle a faite de la première lecture.
■ la 2nde lecture : un extrait des lettres de Paul. Ces lettres s’adressent aux premières communautés chrétiennes et donnent des réponses aux questions qu’elles se posaient alors.
■ Point culminant de la Parole de Dieu : l’Evangile, qui présent la vie et les paroles du Christ. Pour marquer ce temps central, toute l’assemblée se lève et chante « Alléluia », ce qui signifie (en hébreu) « Louons le Seigneur ». A la fin de la lecture de l’évangile, le prêtre dit « Acclamons la parole de Dieu » et l’Assemblée réponds : « Louange à toi, Seigneur Jésus ». C’est le signe que nous reconnaissons dans la Parole de Dieu la présence de Dieu.
Il y a beaucoup de choses à dire sur la Parole de Dieu. Je vais essayer d’aller droit au but en disant : j’espère qu’elle te parlera, qu’elle nous parlera à tous. Tout simplement. Le prêtre parle après l’évangile en expliquant comment cette parole parle de Dieu et comment elle peut le rejoindre.
La seconde partie de la messe est la célébration du dernier repas du Christ avec ses disciples, à la veille de son accusation et de sa mort sur la croix. Elle reprend le rite juif de la Pâque (qui lui-même fête le passage de la Mer rouge). La messe est le souvenir vivant du passage du Christ de la mort à la résurrection. Le Christ a demandé à ses disciples de perpétuer ce repas pascal : « Vous ferez cela en mémoire de moi ».
Ici, je voudrais te rendre attentif à la présence, l’intervention des trois personnes de la Trinité dans les prières dites. Trinité, qu’est-ce que cela signifie : nous croyons en un Dieu « relationnel » : le Père est Amour, il donne naissance au Fils, leur amour mutuel est une personne à part entière, l’Esprit-Saint.
Ainsi, le prêtre appelle à plusieurs reprises l’Esprit-Saint, d’abord sur le pain et le vin, puis sur l’Assemblée.
Nous croyons à la présence du Christ dans le pain et le vin.
Avant de recevoir le « corps du Christ » sous cette forme du pain, nous disons la prière du « Notre Père » : avant de recevoir le Fils de Dieu, nous disons la prière des Fils de Dieu. Pour recevoir le corps du Christ, il faut avoir reçu le baptême, qui est la « porte » de tous les sacrements.
La messe se termine par un envoi en mission (mission qui a donné le mot messe).
J’ai fait quelque chose de très général, et sans doute que cette fiche est bien limitée, ne rendant pas compte de ce qui fait que chaque messe est en particulier. Le propre d’une expérience est d’être particulier, et toute messe est, fondamentalement, « une expérience de l’Amour de Dieu ».
Je voudrais dire ma conviction que j’ai autant reçu à des messes dans des petits villages où nous étions dix, qu’à des grands rassemblements avec le pape à plus d’un million (Longchamp, à Paris, en 1997), dans telle église romane superbe, dans telle église sans charme. Le mystère est ailleurs, et Dieu, s’il veut nous prendre, nous consoler et nous remuer, a plus d’un tour dans son sac.




