Le fr. Michel Albaric, du couvent Saint-Jacques (Paris), a été archiviste provincial et bibliothécaire adjoint à la Bibliothèque du Saulchoir. Il est spécialiste des objets de piété.
L'origine de la bibliothèque remonte à la création par Lacordaire, à Flavigny-sur-Ozerain (Côte-d'Or), en 1865, du premier couvent d'études de la Province dominicaine de France. Son histoire est mouvementée.
Pendant ce «temps de la fondation», la bibliothèque est mise en caisse pendant la première expulsion des religieux (1880-1884), puis en partie transportée à Corbara (Corse) où les frères ont été autorisés par le gouvernement à se réinstaller (1884-1895) ; elle revient à Flavigny (1895) jusqu'à la seconde expulsion (1903).
Le «temps de l'exil», en Belgique, dure de 1903 à 1939. Le couvent d'études est reçu par nos frères de Gand, puis s'implante à Kain-la-Tombe, près de Tournai, dans une propriété appelée Le Saulchoir — nom qui signifie «un lieu planté de saules», en picard. Par crainte des bombardements de 1917-1918, elle est remise en caisses. Elle en ressort jusqu'en 1938. Le frère Marie-Dominique Chenu est bibliothécaire de 1928 à 1933. Le prestige du centre du Saulchoir est tel alors que la bibliothèque en gardera définitivement le nom dans ses pérégrinations futures ! Vient « le temps de la stabilité ». L'État autorise le retour des frères ; transportée en péniche, la bibliothèque arrive à Étiolles (Essonne), dans le nouveau grand couvent d'études, en 1939. À la suite du frère André Dubarle, le frère André Duval exerce la charge de bibliothécaire de 1943 à 1962. Il ouvre la bibliothèque aux premiers lecteurs non dominicains, la fait participer au réseau français des catalogues collectifs (périodiques et livres étrangers) et du prêt entre bibliothèques. Le frère Henri-Dominique Saffrey lui succède ; il fonde l'« Association des Amis de la Bibliothèque », reconnue d'utilité publique en 1976.
En 1972, le frère Michel Albaric est nommé bibliothécaire. Il veille à la construction d'un nouveau bâtiment destiné à la recevoir. Le déménagement à Paris, rue de la Glacière, est effectué en août 1973 ; en mars 1974 elle est ouverte au public: c'est « le temps de l'ouverture ». Le frère Jérôme Rousse-Lacordaire a pris le relais en 1999 jusqu'en 2011. C'est aujourd'hui le frère Jean-Michel Potin qui est directeur de la bibliothèque du Saulchoir.
Aujourd'hui les collections de la bibliothèque comptent deux cent trente mille volumes, deux cents incunables, deux mille éditions du XVIe siècle, cinq mille titres de périodiques, un fonds d'estampes, de dessins, de photographies, deux cent mille images de piété, des milliers d'objets religieux domestiques pour servir à l'histoire de la spiritualité. Ses spécialités: les sciences humaines (philosophie, littérature grecque et latine, histoire occidentale, beaux arts) et les sciences religieuses (tous les christianismes orientaux et occidentaux). La bibliothèque est une institution associée au C.N.R.S.
Depuis 1998, tous les nouveaux documents acquis sont traités informatiquement, mais l'ancien catalogue est encore sur fiches de carton... La bibliothèque est dotée d'un beau site internet (www.bibliothequedusaulchoir.org).
Mille deux cents lecteurs inscrits chaque année - un bon quart d'étrangers - étudiants de troisième cycle, professeurs, chercheurs ; trente-cinq heures d'ouverture par semaine — on ne peut faire plus. La bibliothèque participe à de nombreuses expositions, émissions de radio et de télévision. Elle est soutenue par la province dominicaine de France, l'association des Amis et quelques subventions sur fonds publics.
Le site de la Bibliothèque du Saulchoir




