Le fr. Jean-Étienne Long, prieur du couvent du Saint-Nom-de-Jésus à Lyon, est le rédacteur en chef de la revue Lumière et Vie. Il est aussi l'aumônier de l'E.N.S. de Lyon.
Suite au message de Golias news sur une célébration pénitentielle au Saint-Nom-de-Jésus, le prieur du Couvent a adressé cette lettre au rédacteur de Golias :
Couvent du Saint-Nom-de-Jésus
Le 31 décembre 2011
Monsieur Terras,
Votre message du 21 décembre évoquant la célébration pénitentielle à la Paroisse du Saint-Nom contient de graves inexactitudes. Il a bien sûr fait les choux gras d’autres petits blogs tradis et intégristes, passionnés comme vous de tout ce qui peut créer des rumeurs, diviser ce qui reste des fidèles de l’Église catholique, et les détourner de l’essentiel pour de stériles chamailleries et pinailleries juridiques.
1. La célébration pénitentielle, à laquelle j’ai assisté, a bien eu lieu et s’est déroulée tout à fait correctement. Les gens ne sont pas partis avant la fin de cette célébration.
2. Cette célébration ne s’est effectivement pas terminée par une absolution collective mais par une bénédiction et un envoi, et l’invitation pour les personnes qui le souhaitaient à rencontrer un prêtre pour recevoir le sacrement de la réconciliation.
3. Le prêtre officiant est dominicain et vicaire de la paroisse. Il a effectivement consulté le Cardinal qui n’a fait que répéter le droit commun de l’Église. Ce prêtre n’était absolument pas gêné de sa réponse qu’il comprend et qu’il partage, car il connaît sa théologie et son droit canon. Il était en revanche gêné de ce que les fidèles puissent interpréter la bénédiction finale comme une formule d’absolution collective. Son insistance sur le rappel du Cardinal visait à inviter les personnes à recevoir le sacrement de réconciliation individuellement, plutôt que de s’en aller massivement à l’issue de la célébration.
4. La mort récente du curé a placé le vicaire dans une situation délicate. Il a choisi d’assurer la célébration pénitentielle prévue par le curé, dans le respect du droit commun de l’Église. Le respect du défunt n’oblige absolument pas le vicaire à agir contre sa conscience et contre la pastorale de l’Église.
5. Si l’alliance d’une cérémonie pénitentielle et d’une célébration individuelle du sacrement de réconciliation pour ceux qui veulent ne vous convient pas, il faudrait avoir une réflexion d’une autre teneur, faire appel davantage à l’expérience des confesseurs, et se garder de laisser supposer l’accord de principe avec vous d’un érudit tel que Vogel.
6. La paroisse du Saint-Nom n’est pas à ce jour confiée aux Dominicains ; un administrateur sera nommé pour assurer le suivi de la paroisse jusqu’à l’été, avec le soutien de l’actuel vicaire, et à la rentrée de septembre, comme cela est déjà de notoriété publique, la paroisse sera confiée au Couvent, un curé dominicain devant être nommé, et la communauté devant s’impliquer davantage dans le soutien de ses activités, dans le respect des institutions paroissiales. (Ce point est destiné à ceux d’un autre bord qui vous copient, avec ou sans référence de site, et qui ignorent la situation canonique de la paroisse).
Cette solution pour l’avenir de la paroisse après le décès du Père Xavier semble la plus évidente et la plus intéressante pour les paroissiens. Ce n’est pas juste de compliquer la situation en tentant de mettre l’actuel vicaire en porte-à-faux avec le Cardinal, ou avec les paroissiens, ou avec les autres Dominicains.
Salutations,
Fr. Jean-Etienne Long, o.p., prieur du Couvent du Saint-Nom-de-Jésus




