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Le cri du coeur

Homélie prononcée par le frère Raphaël de Bouillé au couvent Saint-Pierre-Martyr, lundi 14 novembre 2011

Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc, chapitre 18, versets 35-43

« Jésus, fils de David, aie pitié de moi ! »
« Jésus, fils de David, aie pitié de moi ! »
« Jésus, fils de David, aie pitié de moi ! »
« Jésus, fils de David, aie pitié de moi ! »

« Ça nous agace, hein ? » Et eux aussi, dans l’évangile, ça les agace. Ils sont venus pour écouter une homélie de Jésus, et il y a un hurluberlu qui crie « Jésus, fils de David aie pitié de moi ».
Et ce sera le seul à le suivre. Jésus aurait pu tous les guérir. Mais de cette foule qui accueillait Jésus en grande pompe, il sera le seul à le suivre.
Il n’y a pas que cet aveugle qui crie, il n’y a pas que le prédicateur qui crie aujourd’hui dans cette église, il y a aussi notre cœur qui crie aujourd’hui « Jésus, fils de David, aie pitié de moi. »
Et il nous agace, ce cœur qui crie encore, qui crie toujours, qui ne veux pas se taire. C’est tellement plus simple de le rabrouer, ce coeur qui crie encore « Jésus, fils de David, aie pitié de moi. » Dans l’évangile, il y a une maladie pour lequel Jésus ne fait pas de miracle. C’est la dureté de cœur, la scléro-cardia.
Mais aujourd’hui, au début de notre liturgie notre cœur a crié, même à notre corps défendant. Malgré sa dureté, malgré sa sclérose, ce cœur a parlé au début de notre liturgie. Il a crié, mais c’est nos lèvres qui ont chanté « Christe eleison ». « Christ, prends pitié ». Oui dans cette eucharistie, au cours du rite pénitentiel, nous avons imploré le Christ de venir nous ouvrir les yeux, pour voir notre péché en face, pour voir de quelle amour le Christ nous a aimé, pour le voir enfin, lui, tel qu’il est. Dans l’évangile, la première chose qu’a vu notre aveugle, la première personne, c’était le Christ, qui lui disait « ta foi t’a sauvé ».
Dans cette eucharistie, notre cœur, malgré sa dureté, malgré sa sclérose, verra le Christ, si il dit, comme cette aveugle, comme au début de notre liturgie, « Jésus, Fils de David, aie pitié de moi ».

Le cri du coeur