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La capitale de Noël

Homélie prononcée par le frère Sarmad Kallo lors de la messe de minuit, 24 décembre 2011, Nativité de Notre Seigneur Jésus-Christ

Strasbourg, c’est la capitale de Noël. Nous devons être fiers nous les habitants de cette belle ville. Parce qu’il y a beaucoup de monde qui vient pour cela en décembre.

Quand mon supérieur m’a demandé de venir à Strasbourg, tout le monde m’a dit : tu vas voir c’est une très belle ville et tu auras de la chance car il y a le marché de Noël tous les ans.
Alors j’étais très content et je voulais découvrir cette ville le plus vite possible.
Mais ce que m’a étonné c’est que personne m’a parlé de Noël même, de la naissance de Jésus. Et pourtant, c’est en raison de cette naissance qu’existe le marché de Noël.
J’ai décidé de découvrir moi-même ce mystère et de faire le parallèle entre Noël et le marché de Noël.

En parlant avec un pauvre dans la rue je lui ai demandé s’il va bien ! Il m’a regardé avec un faux sourire et avec beaucoup de peine que je voyais dans ses yeux, et il m’a dit : je suis bien content car l’état nettoie cette belle ville en ramassant toutes les poubelles, dont je fais partie. Parce qu’il parait que ma présence salit le pays qu’il doit rester toujours bien présenté pour les touristes. Il a ajouté : alors je ne peux plus aller au centre-ville car il est réservé aux riches. C’est un témoignage que je vous donne.
Voilà Noël un lieu de commerce où le pauvre n’est pas invité. El la fête de noël n’est pas plus qu’une tradition.
Quel sens a Noël pour notre société ?

Posons la question aux petits enfants dont les familles ne sont pas croyants, c’est quoi Noël pour toi ?
C’est la fête.
C’est le jour où le Père Noël me donne un cadeau.
C’est les vacances.
Et quand on lui dit c’est la fête de la naissance de Jésus. Il nous dit alors Jésus a de la chance d’être né au jour de Noël. C’est une réponse d’un élève dont le professeur est ici présent. Il lui a dit :(Walah, Jésus, il a de la chance ce gars : il est né le jour de Noël).
Voilà c’est une vrai histoire qui nous fait peut-être sourire, mais en réalité c’est triste parce que entre Noël et Jésus il n y a plus aucun rapport. Voilà le peuple dans les ténèbres !

Nous avons lu dans la première lecture du livre d’Isaïe « le peuple qui marchait dans les ténèbres, a vu se lever une grande lumière »
Où sommes-nous aujourd’hui dans la lumière ou dans les ténèbres ?
Malgré toutes les lumières dans les rues qui rendent le pays encore plus visible et plus beau pendant la nuit, nous trouvons certains qui n’arrivent même pas à regarder autour d’eux. Qui n’arrivent pas à voir ce dont les autres ont besoin, ou tout simplement ils le voient mais ils l’ignorent car ce n’est pas leur affaire.

Le marché de Noël finira bientôt, la lumière sera enlevée de la ville et la vie revient comme elle était auparavant.
Mais ce qu’il reste de Noël pour nous les croyants c’est la lumière qui est en nous est qui nous éclaire pour que nous puissions bien regarder dans la nuit. (Nous étions dans les ténèbres, aujourd’hui nous sommes dans la lumière).
Je ne suis pas venu à Strasbourg pour abolir le marché de Noël mais pour l’accomplir. Pour dire que Noël n’est pas seulement à Strasbourg Noël est partout dans le monde, Noël n’est pas seulement dans les beaux endroits. Noël est d’abord dans les lieux les plus miséreux où il y a la guerre, la pauvreté, les affamés, je vous laisse continuer la liste. La capitale de Noël est personnelle, elle est propre à chacun. Car elle est au plus profond de nous. Cette capitale est en toi.
Le Christ est né dans ton cœur. Ne le cherche donc pas ailleurs.

Noël déjà c’est la fête pour les pauvres, qui cherchent le bonheur, une fête pour les malades qui cherchent à être guéris, une fête pour les pays en guerre qui cherchent la paix, une fête pour nous les pécheurs pour avoir le pardon et pour être sauvé. « Car aujourd’hui nous est né un sauveur »
Mais comment je peux être sauvé ? Que dois-je faire ?

A mon avis le cœur de l’enseignement de Christ durant sa vie l’en trouve dans l’évangile de St Mt, dans la parabole de jugement dernier « le roi dira aux justes : en vérité je vous le déclare, chaque fois que vous l’avez fait à l’un de c’est plus petits, qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait ».
Chacun de nous a un devoir pour l’humanité, pour nos frères qui rendent présent le Christ lui-même.
La fête de Noël ouvre nos yeux, éclaire nos chemins, nous donne l’espoir et nous conduit vers une nouvelle vie. Plus fraternelle et plus humaine.
Noël c’est la mémoire que nous célébrons que nous fêtons pour nous rappeler de l’amour de Dieu pour nous. Parce qu’il a pris notre humanité le jour où il est incarné pour qu’il nous ramène vers sa divinité, le jour où il est ressuscité.

Nous sommes en train de fêter Noël mais tout à l’heure nous allons célébrer sa résurrection.
Car par la naissance de Christ et, sa mort, et sa résurrection nous sommes entrés dans l’histoire de salut que nous avons à accomplir.
Alors Noël ce n’est pas une simple fête pour nous les Chrétiens, dans laquelle nous donnons et nous recevons des cadeaux, ce qui est beau en soi.
Mais d’abord c’est une fête qui nous rappel de notre humanité de notre devoir envers l’histoire de Salut. Alors nous sommes tous invité à vivre ce salut mais aussi à l’annoncer.

Les gens font un petit ou un long voyage pour venir de loin pour visiter le Marché de Noël.
Et nous mes frères et sœurs nous faisons cette nuit un pèlerinage dont le point de départ est notre foi pour visité l’enfant de la crache qui est pour nous un sauveur.
Notre devoir aujourd’hui le jour de Noël, et comme toujours, ce n’est pas de vouloir être comme Marie ou Joseph qui sont aux pieds de leur enfant, ni comme les bergers qui écoutent la voix des anges, mais plutôt de vouloir être comme les anges, c’est-à-dire des messagers.

Avec la grâce de Seigneur, nous allons fêter, danser, chanter et aussi annoncer autour de nous, dans nos familles, à nos amis, et aussi au marché de Noël avec les gens que nous rencontrons, qu’aujourd’hui nous est né un sauveur.
Amen

La capitale de Noël