Le 27 juin 2011, le pape Benoît XVI a autorisé la promulgation de plusieurs décrets de la Congrégation pour la Cause des Saints. Parmi eux, la reconnaissance d'un miracle attribué au Père Jean-Joseph Lataste (1832 - 1869).
Benoît XVI a autorisé la Congrégation pour les causes des saints, ce lundi 27 juin, à promulguer les décrets reconnaissant les miracles ou le martyre de dix-neuf futurs bienheureux. Parmi eux, le frère Jean-Joseph Lataste (1832-1869), fondateur des Sœurs dominicaines de Béthanie.
C’est lors d’une retraite prêchée en prison en 1864 que le père Lataste reçoit l’inspiration de fonder une nouvelle famille religieuse. « Dieu ne regarde pas ce que nous avons été, mais ce que nous sommes » dira-t-il.
Le père Lataste a ainsi oeuvré, en dépit des préjugés et des résistances dans l'Eglise, à la création de cette congrégation dominicaine qui accueillait les femmes détenues en fin de peine. Il voulait que, dans les couvents où elles étaient accueillies, ces femmes puissent devenir religieuses, et qu'il n'y ait aucune différence entre elles et les autres soeurs.
■ Visiter le site des Dominicaines de Béthanie fondée par le Père Lataste...
■ La présentation du Père Lataste sur ce site...
Ce que Dieu aime…
« Apôtre des prisons », le P. Lataste (1832-1869), dominicain, prêche une retraite aux prisonnières de Cadillac, sa ville natale près de Bordeaux. Il est émerveillé par leurs confessions : ces femmes, déjà pardonnées, aimaient le Seigneur comme Marie- Madeleine. Il disait : « J’ai vu des merveilles ! » Pour celles qui ont eu une vie difficile, pour d’autres qui ont eu une vie plus simple, il fondera les dominicaines de Béthanie. Toutes se donnent à Dieu dans la discrétion de la miséricorde : personne ne sait le passé de l’autre, toutes se regardent comme des créatures nouvelles. Dans un style marqué par son temps, le P. Lataste parlait ainsi aux détenues de Cadillac, le 18 septembre 1864 :
« …Oui, voici une chose qui va vous paraître bien hardie peut-être, bien hasardée et difficile à croire, et cependant, n'en doutez pas, elle est parfaitement sûre et certaine. Oui, si vous le voulez, vous pourriez arriver avec vos souillures passées à être plus aimées de Dieu même que les âmes qui n'ont jamais failli. Savez-vous comment ? En l'aimant davantage. Oh ! sans doute l'innocence, la pureté, l'humilité, sont des vertus bien chères au coeur de Dieu et les avoir perdues, ne fût-ce qu'une fois, ne fût-ce qu'un instant, est un bien grand malheur, mais ce que Dieu aime plus encore que toutes ces choses, ce que Dieu aime par-dessus tout, c'est d'être aimé !
Madeleine n'a été tant pardonnée ici-bas que parce qu'elle a beaucoup aimé. De même, pour vous assigner une place dans son coeur et plus tard dans son Ciel, Dieu ne vous demandera pas si vous êtes demeurées toujours pures, toujours fidèles, il vous demandera si vous l'aimez beau-coup. Que vous ayez été dégradées, souillées de bien des crimes, c'est un grand mal, mais Dieu est assez puissant pour effacer tout cela et vous rendre votre innocence première, si seulement vous l'aimez beaucoup. Et si vous l'aimez plus que les âmes restées fidèles, vous aurez aussi une place plus avant dans son coeur et plus haut dans son Ciel. Or, vous avez pour l'aimer des excitants, des aiguillons que n'ont pas les âmes pures. Le souvenir de vos péchés, de vos ingratitudes passées, le désir de les faire oublier et de prendre, pour ainsi dire, votre revanche sur le démon et sur vous-mêmes, ce je-ne-sais-quoi, enfin, qui fait qu'une amitié renouée est plus étroite et plus forte souvent que celles que rien n'a jamais brisées, toutes ces choses sont autant d'aiguillons qui vous stimulent à aimer et que n'ont pas les âmes saintes. De là vient que plus d'une fois elles se sont laissé devancer sur les voies du Ciel par des âmes autrefois pécheresses… »
fr. Jean-Joseph Lataste op



