Le 2 novembre, jour de la commémoraison des morts, l'Église se met en prière pour obtenir de Dieu qu'il accueille auprès de lui tous les fidèles défunts. Instituée d'abord dans la liturgie de l'abbaye de Cluny à la fin du 1er millénaire, cette célébration fut intégrée dans la liturgie romaine au 13e siècle.
Quand vint Jésus, le meurtrier de la mort, qu'il revêtit un corps de la semence d'Adam, qu'il fut fixé à la croix et qu'il goûta la mort, alors elle comprit qu'il allait descendre chez elle. Alors elle fut ébranlée et troublée : à la vue de Jésus, elle referma ses portes, refusant de le recevoir. Mais lui brisa les portes, entra chez elle et commença à lui arracher tous ceux qu'elle détenait.
Les morts, voyant la lumière dans les ténèbres, levèrent la tête hors de leur prison, regardèrent à l'extérieur et virent le Roi Christ. Alors se lamentèrent les puissances des ténèbres de la mort... car la mort sut que les morts ressusciteraient et seraient arrachés à son pouvoir... Et le Christ lui signifia que, quand les temps seraient accomplis, il viendrait pour libérer tous les captifs de son empire, pour les conduire à lui afin qu'ils voient la lumière.
C'est pourquoi la mort dut laisser partir Jésus une fois qu'il eut accompli son ministère chez elle ; elle ne put le retenir. Elle ne prévalut pas contre le Saint qui ne fut pas livré à la corruption. Ainsi Jésus mort fut meurtrier de la mort à qui l'on dit désormais : « Mort, où est-elle ta victoire ?... »
Extrait d'un sermon de saint Aphraate († 345)
■ Texte publié dans le Lectionnaire pour les dimanches et pour les fêtes (Lectionnaire patristique dominicain), Jean-René Bouchet o.p., Paris, 1994, Éditions du Cerf



