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Le frère Yves Combeau, du couvent de l'Annonciaiton à Paris, est secrétaire général de la Province de France. Il étudie l'histoire politique du XVIIIe siècle.
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Rodomontades et gueule de bois

Retrouvez ici chaque semaine (ou presque) la chronique du frère Yves Combeau, du couvent de l'Annonciation à Paris. C'est un billet d'humeur, la sienne. Elle n'engage que lui, n'hésitez pas à lui répondre.

Mme Aubry invite aujourd’hui la droite à rire bien, avant qu’il ne soit trop tard : la semaine prochaine, le P. S. est de retour !

En français, Mme Aubry vient de commettre une rodomontade. La semaine prochaine, le P. S. ne sera pas moins divisé ni incertain qu’aujourd’hui.

Mais Mme Aubry ne serait pas la seule. C’est un propre du discours politique que de fabriquer de la volonté, d’inventer l’élan, l’indignation, la compassion. La volonté ne dure qu’une semaine, la compassion ne dure que jusqu’à la fin de la phrase. L’important est que le militant ou l’électeur y aient cru : qu’une dynamique, même provisoire, ait été enclenchée, qu’en quelque sorte le discours ait fabriqué de la réalité, une réalité fragile, mobile, mais une réalité quand même. M. Sarkozy est un spécialiste de ces réalités forgées, pour quelques jours, à coup de « Je veux » ou de « Je ferai en sorte que ».

La prédication chrétienne a parfois quelque chose de semblable. Je pense aux textes enflammés de feu Jean Debruynne, à toute cette époque où le prédicateur refaisait le monde, l’Église, la vie chrétienne avec trois impératifs et deux points d’exclamation. Ces prédications-là aussi fabriquaient une sorte de réalité provisoire. La différence était que cette réalité verbale n’était pas du tout supposée être provisoire. Et c'est là qu'était le problème : croire qu'une parole humaine suffisait à fonder une société... La gueule de bois n’en était que plus dure.

Pour se réveiller la tête claire, il faut se garder des enivrements.