La prière en chemin
Il gardait ces pratiques de dévotion quand il voyageait d'un pays à un autre, surtout s'il se trouvait en quelque région solitaire. Toute sa joie était de se livrer à ses méditations, de retrouver sa contemplation. Tout en cheminant il disait parfois à son compagnon : « II est écrit dans le prophète Osée : « Je conduirai mon épouse au désert et lui parlerai au cœur » (Osée Il, 14). Aussi bien s'écartait-il de son compagnon, le devançant ou mieux le suivant à distance. Ainsi il cheminait seul et priait ; et le feu de sa charité puisait dans sa méditation un surcroît d'ardeur. Il lui arrivait, en ces sortes d'oraisons, de faire des gestes comme pour écarter des cendres légères ou des mouches importunes ; et il se munissait souvent du signe de la croix. Dans la pensée des frères, c'est en priant de la sorte que le saint acquérait cette plénitude de connaissance de la Sainte Écriture, pénétrait la moelle même des paroles divines, apprenait les saintes audaces de son ardente prédication, et vivait dans cette intime familiarité avec l'Esprit saint, d'où lui venait la connaissance des choses cachées.



