Le frère Adrien Candiard est historien de formation. Il poursuit ses études en théologie et en philosophie au couvent de Lyon.
A l’invitation des frères de l’Institut dominicain d’études orientales (IDEO) du Caire, une quinzaine de frères étudiants dominicains du monde entier se retrouvent du 3 au 18 juillet pour une session de découverte de l’Islam et du dialogue inter-religieux.
Pour découvrir cette session, le fr. Adrien Candiard, du couvent du Saint-Nom-de-Jésus, qui est sur place, animera un blog pour donner chaque jour un écho de ce qui se passe là-bas. Les frères, sœurs, amis, intéressés par le Caire ou par l’Islam, sont les bienvenus ! N’hésitez évidemment pas à réagir, ni à poser des questions.
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Alors que les frères arrivent au Caire les uns après les autres, et tandis que la session commence demain, le frère Jean-Jacques Pérennès, directeur de l’IDEO, répond à nos questions.
Tu es directeur de l’Institut dominicain d’études orientales (IDEO) qui organise notre session. Comment présenterais-tu cette institution dominicaine?
L’institut dominicain d’études orientales du Caire a été créé par l’Ordre dominicain, à la demande du Saint-Siège, il y a près de 60 ans pour promouvoir une plateforme de rencontres entre chrétiens et musulmans : l’idée du fondateur, le père Georges Anawati, étant que la culture est un meilleur terrain de rencontre que le domaine religieux lui-même où chacun se crispe vite sur son identité et sa différence. Plusieurs équipes de frères se sont succédées dans cet Institut et ont créé au fil des années un climat d’amitié et de confiance avec des nombreux chercheurs, étudiants, professeurs, le plus souvent musulmans, qui viennent profiter de notre très riche bibliothèque et apprécient notre attitude ouverte et respectueuse. Aujourd’hui, l’IDEO est composé d’une douzaine de frères, dont la moitié vit au Caire en permanence.
Pourquoi proposer une session d’été aux frères étudiants dominicain du monde entier?
C’est d’abord pour répondre à la demande de plusieurs chapitres généraux de l’Ordre qui ont constaté que trop peu de frères sont préparés à comprendre les enjeux actuels de l’Islam. C’est aussi pour faire partager ce qui nous passionne, car nous vivons tous comme une chance d’être ici, surtout en cette période de « printemps arabe ». Une première session en anglais avait eu lieu en juillet 2009 avec 18 frères. Ce fut un succès. Cela nous a donné envie de continuer, cette fois avec un groupe francophone.
Comment te sens-tu? Pas trop stressé?
La session commence demain et je vis ce moment avec beaucoup de joie. Le stress, c’était avant : avoir les visas pour les frères venant d’Afrique, trouver les financements, avoir de bons intervenants. Maintenant tout est prêt. Il n’y a plus qu’à vivre ces jours de fraternité dominicaine. Souvent, de loin, les gens pensent que notre vie ici est difficile : le monde arabe, l’islam, la chaleur, tout ça fait peur. Nous espérons que les frères de dix pays différentes qui sont en train d’arriver vont découvrir combien nous sommes passionnés par ce que nous faisons.