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Sacré Cœur de Jésus

Le vendredi suivant le dimanche du Saint Sacrement, le Cœur de Jésus fait l'objet d'une dévotion particulière. L'Église célèbre ainsi l'amour de Jésus pour son Père et pour les hommes, amour qui le conduisit jusqu'à la croix, où son côté fut transpercé d'un coup de lance. La fête du Sacré Cœur apparut d'abord en France au XVIIIe siècle, avant d'être étendue à l'Église universelle par le pape Pie IX en 1856.

« Des soldats vinrent donc et rompirent les jambes de ceux qui avaient été crucifiés avec Jésus. S'approchant de Jésus, ils virent qu'il était déjà mort. Ils ne lui brisèrent pas les jambes, mais l'un des soldats lui ouvrit le côté de sa lance, et aussitôt il en sortit du sang et de l'eau. » L'évangéliste a choisi à dessein cette dernière expression : il n'a pas dit : « un des soldats le frappa », ou « le blessa » ou une autre expression de ce type ; il dit « un des soldats lui ouvrit le côté », pour nous apprendre qu'il ouvrait d'une certaine manière la porte de la vie.

De là coulèrent les sacrements de l'Église sans lesquels on n'accède pas à la vie qui est la vie véritable. Ce sang a été versé pour la rémission des péchés. Cette eau se mêle à la boisson salutaire. Elle est un bain qui purifie et une boisson rafraîchissante.

Nous trouvons une préfiguration de ce mystère dans l'ordre qui fut donné à Noé d'ouvrir sur un des côtés de l'arche une porte par laquelle puissent entrer les animaux qui ne devaient pas périr dans le déluge et qui représentaient l'Église.

C'est en vue de ce même mystère que la première femme fut faite du côté d'Adam endormi et qu'elle fut appelée vie et mère des vivants. [...] Ici, le second Adam ayant incliné la tête s'est endormi sur la croix afin que son épouse soit formée à partir de ce qui coulait de son côté. Ô mort, pour les morts principe de vie ! Quoi de plus pur que ce sang ? Quoi de plus salutaire que cette blessure ?

Extrait d'un sermon de saint Augustin († 430).

■ Texte publié dans le Lectionnaire pour les dimanches et pour les fêtes (lectionnaire patristique dominicain), Jean-René Bouchet o.p., Paris, 1994, Éditions du Cerf.

■ La liturgie de la Parole avec Épiphanie.