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Joseph. L’éloquence d’un taciturne par le fr. P. Lefebvre

Le fr. Philippe Lefebvre, professeur d’Écriture Sainte à l'Université de Fribourg (Suisse), vient de publier aux Éditions Salvator Joseph. L’éloquence d’un taciturne. Enquête sur l’époux de Marie à la lumière de l’Ancien Testament.

Ce livre est le fruit d’une enquête qui n’avait jamais été menée systématiquement. Joseph, l’époux de Marie, est présenté dans les évangiles (essentiellement ceux de Matthieu et de Luc), au moyen de références à l’Ancien Testament.

Quelles sont ces références ? Comment sont-elles mises en œuvre ? Quel portrait de Joseph dessinent-elles, qui rendent actuels en sa personne bien des hommes et des situations que l’Ancien Testament a déjà présentés ? Cette enquête s’avère passionnante et inattendue. Donnons-en quelques exemples. La scène qui ouvre l’évangile de Matthieu (et donc qui inaugure le Nouveau Testament) nous montre Joseph endormi : pendant son sommeil, un ange lui apparaît qui l’exhorte à prendre chez lui Marie comme épouse. Or, cela reprend la « scène primitive » de l’Ancien Testament. Dans le chapitre 2 de la Genèse en effet, Adam est endormi et Dieu lui amène une femme. L’évangile débute donc par la rencontre d’un homme et d’une femme qui renoue avec le commencement et donne le ton pour la suite : il manifestera en Jésus « l’Époux qui vient », le « nouvel Adam » qui rencontre des femmes sur sa route et qui vient célébrer avec nous « les noces de l’Agneau ».

Joseph reçoit plusieurs visites angéliques en songe, il ressemble en cela – et en bien d’autres aspects – à son homonyme, Joseph, dans la Genèse, qui interprète les rêves. Le Joseph évangélique doit se rendre en Égypte avec sa famille et en revenir : il est guidé par un ange qui lui parle avec les mots que Dieu employait quand il s’adressait à Moïse dans l’Exode. Avant qu’on ne découvre en Jésus un nouvel Adam, un nouveau Moïse, Joseph a déjà assumé ces figures essentielles. Il est aussi un rejeton de la tribu de Juda, une tribu affectée par un problème endémique de paternité : les pères meurent avant d’avoir procréé, ou ils ne veulent pas d’enfant, ou ils cherchent à attribuer à un autre l’enfant qu’ils ont engendré. Si Joseph n’est pas le père biologique de Jésus, il s’inscrit, pourrait-on dire, dans cette déficience récurrente des pères ; en fait, il contribue, avant que Jésus ne le fasse pleinement, à désigner Dieu comme Père. Lui-même se comporte en fils devant ce Père, préfigurant Jésus, le Fils.

Bien d’autres passages de l’Ancien Testament qui affleurent pour désigner Joseph sont encore à repérer, à méditer. Joseph habite la condition masculine en étant confronté à toutes les questions qui se posent à un homme, aujourd’hui comme hier. Son histoire avec Marie est originale, son rapport avec Jésus est surprenant (en situation de père sans être géniteur). Bien loin de proposer une sorte de norme matrimoniale qui évacuerait tout questionnement, il est au contraire, avec sa femme, au cœur d’une aventure pleine des surprises où les relations et les fonctions habituelles sont remises en chantier.

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■ Télécharger la présentation du livre :

Joseph. L’éloquence d’un taciturne par le fr. P. Lefebvre