Dominicains
province de France
  الصفحة الرئيسية > أخبار > حياة الإخوة
الأخ جان جاك يعيش في دير القاهرة. هو وكيل العالم العربي للدومنيكان وأمين عام لمعهد الدومنيكان للدراسات الشرقية. دكتور في الاقتصاد ومخصص بمسائل التنمية ، هو عاش في الجزائر لمدة عشر سنين بالقرب من الأسقف بيار كلافري.
envoyer
 
mailto
 
print
 
grossir
 
r�duire
Messe à Doha, Qatar

Le frère Jean-Jacques Pérennès, vicaire provincial pour le monde arabe, nous relate une expérience hors du commun : la messe qu'il a célébrée à l'église Notre-Dame-du-Rosaire de Doha, au Qatar, sur les rives de la péninsule arabe.

Vendredi 20 mars 2009 : arrivé la veille au Qatar, au terme d'un voyage de travail dans le Golfe, j'ai le privilège de célébrer la messe du 4e dimanche de Carême pour plus de 2000 fidèles de langue anglaise, Indiens et Pakistanais, dans la splendide église Notre-Dame du Rosaire de Doha, capitale de l'émirat du Qatar. Moment d'émotion, mais aussi occasion pour découvrir un autre visage de l'Église. Le Qatar a beaucoup fait parler de lui ces derniers mois, en ouvrant en novembre 2008 un splendide musée d'art islamique construit par l'architecte américain d'origine chinoise Ieoh Ming Pei, architecte de la Pyramide du Louvre. On sait moins que la même année, le 15 mars 2008, a été inaugurée la première église construite au Qatar, l'église Notre-Dame du Rosaire.

Pourquoi une église dans un pays dont la population est entièrement musulmane ? En fait, des centaines de milliers de chrétiens vivent en Arabie et dans les pays du Golfe, attirés par la possibilité d'un travail qu'ils ne trouvent pas chez eux. Indiens, Pakistanais, Sri Lankais, Philippins constituent une masse considérable de travailleurs, plusieurs millions, que l'on voit affluer par avions entiers dans les aéroports de la région. À l'aéroport de Dubaï, un des plus importants du monde, on peut se croire à Bombay. Leur sort est très variable, depuis la petite bonne philippine cloîtrée par son employeur qui ne la laisse guère sortir, jusqu'au cadre indien de banque qui travaille dur mais parvient à payer les études de ses enfants dans de bonnes universités au Canada ou aux États-Unis. L'éducation des enfants est la priorité pour tous et les sacrifices consentis sont considérables : éloignement du pays, séparation physique des conjoints, manque de liberté religieuse.

Parmi ces immigrés asiatiques, les Philippins, on le sait, sont à majorité catholiques, mais les Indiens du Kerala aussi comme ceux de Goa. Ces derniers appartiennent souvent à d'autres rites (syro-malabar, syro-malankar), mais ils relèvent d'un évêque catholique, le vicaire apostolique d'Arabie, actuellement Mgr Paul Hinder, capucin d'origine suisse, dont le siège permanent est à Abou Dhabi et dont le territoire comprend l'Arabie saoudite, Bahreïn, les Émirats arabes unis, Oman, le Qatar et le Yémen. En Arabie saoudite, ces chrétiens ne peuvent pas pratiquer leur religion de manière ouverte, mais les pays du Golfe montrent que d'autres solutions sont possibles. À Abou Dhabi, Dubaï et autres émirats, les cheikhs avaient permis, il y a plusieurs années, la construction des églises pour ces chrétiens étrangers. Cheikh Zayed, émir de Abou Dhabi et fondateur des Émirats Arabes Unis, les dépassait tous par son esprit de tolérance et d’ouverture. Il y a aussi des églises à Bahreïn et en Oman.

Au Qatar, c'est un ambassadeur français, M. Bertrand Besancenot, qui a obtenu de l'émir Cheikh Hamad ben Khalifa Al-Thani le terrain et la permission de bâtir que l'évêque demandait depuis longtemps. L'édifice est beau et vaste : il peut contenir 3000 fidèles ; des locaux importants ont été prévus pour la catéchèse et les réunions ; ainsi qu'une résidence pour les 7 prêtres, six capucins et un prêtre séculier, qui sont au service de cette communauté. L'édifice à lui seul a coûté 20 millions de dollars et il y a encore beaucoup à faire : des vitraux à installer, des peintures, etc. mais l'essentiel est déjà là : la communauté chrétienne peut se réunir et célébrer sa foi.

Elle ne s'en prive pas. Inaugurée le 15 mars 2008 par le cardinal Ivan Dias, envoyé spécial du pape, devant une foule très émue de 15.000 fidèles, l'église Notre-Dame du Rosaire ne désemplit pas : le vendredi 20 mars, équivalent du dimanche puisque c'est le jour hebdomadaire de congé en pays musulman, 12 messes étaient programmées dans 9 langues différentes et les locaux débordaient d'activités : confessions, catéchèse, préparation au mariage. Ces chrétiens du Golfe sont un autre visage de l'Église. Un visage vivant.

église de Doha